« Ce policy brief rédigé par Andrea Carrera, Alvaro Cencini et moi-même propose une réforme qui permettra au Sénégal de capter en monnaie nationale la contrepartie de son déficit extérieur (environ 4500 milliards de FCFA en 2023). Avec cette réforme, le Sénégal peut espérer tourner la page des crises de la dette et se passer du FMI pour de bon. (also available in English)
Lien de téléchargement : https://idan.africa/.../beyond-the-hidden-debts-narrative...
En effet, dans le régime actuel des paiements internationaux, où des monnaies nationales (le dollar en particulier) font office de monnaie internationale, les pays ayant des déficits extérieurs paient leur dette extérieure deux fois : en termes monétaires et en termes réels. Une observation juste mais très difficile à comprendre de prime abord. #Quantum #Macroeconomics
L’une des injustices du « non-système » actuel de paiements internationaux est qu’il oblige les pays déficitaires comme le Sénégal à céder une portion de leurs productions futures aux créanciers/investisseurs étrangers – qui leur ont permis de combler leur gap de financement extérieur – MAIS AUSSI à perdre l’équivalent en monnaie domestique de leur déficit extérieur. Autrement dit, l’excès des dépenses d’importation (au sens large) vis-à-vis des recettes d’exportation (et autres revenus extérieurs) est perdu par les économies nationales. Ce qui n’est pas normal.
La réforme permet de capter au profit du Trésor public la contrepartie en monnaie nationale du déficit extérieur. Tous les créanciers et fournisseurs étrangers sont payés. Aucun impôt additionnel n’est prélevé sur quiconque. Seulement, la valeur en monnaie nationale des importations nettes (importations au sens large moins exportations au sens large) n’est plus perdue par l’économie sénégalaise, comme dans le « non-système » actuel.
Cette réforme suppose la souveraineté monétaire du Sénégal ou une transformation de l’UEMOA en une CIMA (Clearing Integrated Monetary Area). »
Ndongo Samba Sylla
Source : Facebook